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Janvier 2008
J’AI-PAS-L’SOUS

En ce moment,
un agent immobilier de ma connaissance fait affaire avec 4 membres d’une même
famille et cela me rappelle une situation dans laquelle je me suis trouvée il y
a plusieurs années comme Agent Immobilier à North Bay, dans le Nord de
l’Ontario, ici au Canada.
Deux jeunes
gens nés au Canada, de parents originaires d’Italie, allaient se marier. Comme
dot, la maman de la future mariée avait décidé de lui payer une maison. Je me
suis donc trouvée à devoir vendre la maison à 6 personnes : les futurs mariés,
les parents de la future mariée et, par respect, les parents du futur marié.
Je me mettais
donc à montrer toutes les opportunités que l’on pouvait trouver sur le marché au
prix souhaité. Pour vous donner une idée du travail que cela a représenté,
sachez que la belle ville de North Bay était à cette époque une ville moyenne
(pour l’Ontario) de 80 000 habitants. Dans la
profession, en anglais, nous utilisons l’expression « spinning your wheels » qui
signifie avoir beaucoup roulé pour rien.
Après chaque
visite, de grandes discussions s’ensuivaient car non seulement la maison devait
plaire aux futurs mariés, mais il fallait aussi tenir compte de l’avis des
parents.
Une fois
trouvée la maison idéale, l’étape suivante consistait à la « vendre » aux
parents du futur marié, puis à ceux de la future mariée. Chacune des mamans
parlait l’anglais avec peine, et d’un ton très chagriné, celle qui achetait la
maison pour sa fille répétait sans cesse « Me no money !», qui signifie « J’ai-pas-l’sous !»
Voulant faire
tout mon possible pour que les futurs mariés obtiennent la maison qui leur
plaisait, vous vous doutez bien qu’à chaque fois j’en montrai d’abord deux
autres qui mettrait en valeur la troisième, celle choisie par le jeune couple.
Venait alors le
moment de faire une offre d’achat. Pétrifiés, les jeunes gens restaient
silencieux. Le père traduisait avec grande prudence mes questions à son épouse,
puis me rapportait sa réponse. Lorsque je demandai comment elle voulait payer la
maison, Madame « J’ai-pas-l’sous », qui m’avait très bien comprise, me répondit
alors d’un air étonné « Oh … argent comptant !».
Si cela vous rappelle une de vos
expériences, allez-y, racontez la moi. Pour me contacter,
cliquez sur
ce lien Je la lirai avec plaisir.
Anny Slegten |